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Un an au Cambodge
A 21 ans, j’ai décidé de partir pour un an de volontariat à l’autre bout du monde. J’ai mis de côté mes études d’ingénieur pour devenir professeur d’anglais au Cambodge.
J’ai toujours rêvé de partir en écoutant les missionnaires revenir d’Afrique ou d’Asie. A mon tour, je me suis lancée ! Je souhaitais avant tout m’associer à un projet de longue durée qui serait poursuivi après mon départ, et dans lequel je serais accompagnée par des personnes connaissant bien le pays. J’ai trouvé mon bonheur en étant enseignante d’anglais à Phnom Penh, pour des élèves de 16-25 ans qui suivent une formation professionnelle pour travailler dans les hôtels et restaurants.
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Le temple de Bayon à Siem Reap
Au Nord du Cambodge se trouve son plus beau patrimoine, et ce qui fait la fierté de ses habitants : Les temples d'Angkor. Ce sont une multitude de temples-villes construits entre 889 et 1430. C'était autrefois la capitale du Cambodge. Ils ont ensuite été abandonnés puis redécouverts par les occidentaux au 19eme siècle. Aujourd'hui, c'est le principal lieu touristique du pays. Le plus grand et le plus connu des temples est “Angkor Wat”. Comme la majorité, il est entouré d'eau. Sur les murs on trouve de très grandes fresques gravées dans la pierre qui racontent les guerres, des passages de la mythologie,… Dans le temple de Bayon, des grandes têtes de Bouddha regardent dans les quatre directions.
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La préparation du rat pour le repas
Battambang est au niveau du nombre d'habitants la deuxième ville du pays. Mais comparé à la capitale, c'est vraiment un village. Rien à visiter en centre ville, la beauté de la région est dans les paysages alentours. Le but de notre voyage là-bas n'était de toute façon pas la visite touristique mais d'aller à la rencontre des familles des élèves de l'école. Nous avons sillonné quelques villages en 4×4 avec les étudiantes pour aller jusqu'à leur maison. Ce sont des coins perdus en pleine forêt au milieu des rizières, loin de toute civilisation et de toute route facilement praticables. Il nous a fallu traverser des petites rivières en voitures, et passer la journée les pieds nus dans la boue. Impossible de trouver une maison sans quelqu'un qui connait le chemin, et impossible de se situer sur une carte.
Les familles que l'on a rencontrées sont recomposées, décomposées, souvent sans père identifié. De nombreuses personnes passent la journée à la maison à attendre que le temps passe, à s'épouiller, ou à faire mijoter quelques feuilles dans de l'eau plus ou moins propre. Pendant ce temps, les garçons partent chercher des poissons ou tout autre animal mangeable (ce garçon qui a ramené le rat a fait la grande fierté de la famille !), et si un membre de la famille travaille, c'est souvent la seule source de revenu.
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La famille de Vanny : ses frères, sa mère et son grand-père
À la maison, les enfants, les parents et les grands-parents vivent ensemble dans la même pièce. La famille est plus importante que l’individu : les personnes qui travaillent paient pour tout le monde, et en cas de problème tout le monde réagit ensemble. Vivre, c’est souvent se sacrifier pour sa famille.
Bonjour papa, bonjour maman : ce sont des mots très simples pour nous, qui marquent un début de politesse, mais au Cambodge, je ne les ai jamais entendus ! Même s'ils n'ont pas vu leurs parents depuis plusieurs semaines, les élèves ne vont pas les saluer quand ils arrivent chez eux. Ni les parents ni les enfants ne demandent “Comment ça va ?”. Et quand les parents viennent visiter leurs enfants à l'école, ça consiste souvent à apporter quelques fruits ou petites bricoles, et parfois s'asseoir l'un à côté de l'autre. Il n'y a aucune marque d'affection.
Pour nous ça parait très impoli, mais pour eux c'est normal : la famille c'est comme une personne, et on ne se salue pas soi même.
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Une maison à la campagne
Les maisons traditionnelles n’ont qu’une ou deux pièces : une chambre pour tous, puis selon la richesse des toilettes, une cuisine,…On mange sous la maison ou dans la salle principale. Les toilettes sont des toilettes turques sans chasse d'eau. En fait, après son passage, chacun verse un peu d'eau pour évacuer grâce à une petite casserole en plastique. Pour se laver, pas de douche, pas de baignoire mais juste cette petite casserole qui sert à verser l'eau sur son corps.
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La ville à double niveau
En ville, on est très vite choqué par l'absence de maison d'habitation “moyenne” : soit les gens sont pauvres et n'ont qu'un petit taudis ou une pièce qui fait aussi office de commerce, soit ils sont riches et dans ce cas ils ont une belle villa entourée par un jardin. Le contraste est énorme ! Même à Paris, il est difficile de trouver des maisons aussi grosses.
En banlieue, de nombreux immeubles sont en construction. Ce sont des immeubles de 3 étages où le rez-de-chaussée est réservé aux commerces, et le reste peut contenir des habitations ou des bureaux. Ils sont souvent très étroits (la largeur d'un garage), car celui qui vend le terrain le partage de telle sorte qu'il y ait le maximum d'accès à la route.
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La cuisine khmère
Le feu est composé d'une sorte de gros pot en terre dans lequel on fait brûler du bois. Au dessus, on mettra souvent une sorte de grosse poêle concave pour faire frire les légumes et la viande.
A table, euh, pardon, sur la natte (en paille, posée sur une sorte de grande plate forme sous la maison à 70 cm du sol), on s'assoit les deux pieds du même côté, et l'on mange en silence avec les doigts ou une cuillère.
On mange matin midi et soir du riz et une soupe, puis quelques plats de viande, de poisson ou de légumes, et en dessert des fruits.
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La danse traditionnelle
Dans les chorégraphies khmères, chaque danse à une signification, comme par exemple la danse d'ouverture. Chaque mouvement est codifié et a une interprétation. Comme vous le voyez, leurs doigts sont très souples ! La plupart des filles connaissent les bases de cette danse et la dansent facilement en soirée. C'est même inscrit au programme des cours à l'école élémentaire !
Durant les mariages on danse seul ou en couple en tournant autour d’une table. Plusieurs pas sont très connus : les positions des pieds et des mains sont codifiés.
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La cérémonie du drapeau
Début octobre, c'est la rentrée pour les classes élémentaires. Tout le monde est sur son 31. Les écoliers sont d'abord mis en rang sous le grand préau, par classe, par ordre de taille, les filles d'un côté, les garçons de l'autre. Viennent ensuite les “muoy (1), pi,(2) bey (3), bouone (4)” qui indiquent aux enfants dans quelle position ils doivent se mettre (mains sur les épaules du précédent,…) et c'est la cérémonie de levée du drapeau avec le chant de l’hymne national.
En théorie, la scolarité en classe élémentaire est obligatoire jusqu'au grade 6 (12 ans environ). En pratique, beaucoup d'enfants travaillent (collecte des déchets, fermes, fabriques de briques ou autre), et pour les parents l'école est parfois trop chère. De plus, les diplômes ne valent parfois pas grand chose à cause de la corruption : un bon élève n'a pas son diplôme mais un riche peut acheter son diplôme.
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Le saut à l’élastique
Vous souvenez-vous de vos jeux dans la cour de récréation ? Ici, le plus répandu est l'élastique. Les règles sont un peu différentes par rapport à chez nous : il sert surtout à sauter le plus haut possible pour faire passer un pied de l'autre côté, ou alors l'enjamber sans toucher l'élastique. Il y a aussi des figures par groupe. L'élastique est formé de pleins de petits élastiques de cuisines assemblés. Il sert aussi de corde à sauter.
Les enfants jouent également avec les cailloux : prenez en 5, jetez les sur le sol et récupérez-en un. Lancez-le en l'air et pendant son vol essayez d'attraper les autres. Enfin récupérez celui que vous avez lancé. Le tout dans la même main bien sûr ! Les damiers dessinés sur les bancs sont beaucoup utilisés pour un jeu de stratégie dont les pions sont des cailloux de couleur et le but est de tuer le roi adverse.
Pour faire les équipes ou désigner une personne au hasard, deux solutions :
- on compte jusqu'à trois et tout le monde présente une main paume vers le haut ou vers le bas. Ceux qui ont leur main dans la même position font partie de la même équipe.
- on joue à pierre feuille ciseaux. Leur cadence est très rapide (plus de un signe par seconde) !
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Une élève faisant ses devoirs
La langue khmère se compose de 33 consonnes et 28 voyelles. Pour écrire on associe une consonne (par exemple Kho) au pied d'une consonne (ex : Lo) et à une voyelle (ex : ir). Ça donne “khlir”. Quand on l'écrit, le “Kho” est au centre, le pied en petit autour de cette lettre et la voyelle autour aussi. Sachant que les voyelles se prononcent différemment selon les consonnes auxquelles elles sont associées…On écrit en collant tous les mots, de gauche à droite comme chez nous.
Pour ce qui est de la formation des phrases, il vaut mieux oublier la grammaire française : c'est très déconstruit. Les phrases son longues car il faut tout préciser pour être bien compris et on forme une idée en juxtaposant des mots. Exemple : lait = teuk doh kau (liquide sein vache). Il n'y a pas de mot pour dire “mon” : on dit mon crayon = but' robo khniom (crayon à je).
Beaucoup de mot sont pris du français (catable, otél, farmassi, massine…) ou de l'anglais (computer…).
En khmer, “oui” se dit “tcha” pour les filles et “bat” pour les garçons.
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Le nettoyage de la cour de récréation
A l'école, les élèves ont chaque semaine un temps pour entretenir le jardin. Ça permet de leur apprendre à entretenir un jardin, à garder les habitudes qu'ils ont chez eux (la plupart des élèves vivent en province et leurs parents sont fermiers), et en plus, ça leur fait plaisir et le jardin reste beau ! Tout en maniant le râteau, on chante, on discute, certains montent sur la charrette, les plus jeunes font des pirouettes dans l'herbe. A 11h30, c'est difficile de les faire s'arrêter…
Au Cambodge le nettoyage de l'école est en partie fait par les élèves. Même à l'université les étudiants ont des jours réservés au nettoyage de leur salle de cours. A quand la même chose en France ?
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La décharge de Phnom Penh
Sur la décharge, des centaines de familles viennent chaque nuit collecter les déchets pour les trier et les revendre. Ce travail est très dangereux à cause des fumées toxiques qui se dégagent, des éboulements qui ensevelissent les imprudents, et des camions poubelles qui roulent vite et ne voient pas bien dans le noir. Une ONG Française a créé une école pour les enfants qui y travaillent et leurs familles.
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En attente du client au marché
Chaque ville a son marché central qui est le lieu idéal pour tous les achats : vêtement, nourriture, produits d'entretien ou pour le corps, chaussures, jouets, papeterie,… On trouve de tout en grande quantité. On peut aussi y trouver des tailleurs, des coiffeurs, des diseurs de bonne aventure,…Les étalages sont chargés et il faut souvent se faufiler pour passer. Certains marchés sont un peu étouffants et ne sentent pas toujours très bon car on met les déchets par terre. Mais le marché est également le lieu idéal pour découvrir de nouveaux objets ou juste profiter de l'ambiance générale.
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Les vendeurs de noix de coco en train de les éplucher
La monnaie Cambodgienne est le riel. 1 dollar = 4200 riels environ. En fait, les gens utilisent les dollars pour les grosses sommes et les riels pour faire l'appoint. Il faut apprendre à calculer vite le prix équivalent dans l'une ou l'autre monnaie.
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La construction d'une maison
Je n'ai jamais vu d'ouvrier tomber. De grandes tours commencent à se construire à Phnom Penh, avec des règles de sécurité plus importantes…ça leur fait un beau changement. Généralement, les matériaux de construction sont encore soulevés à la force des bras, avec un seau, une corde et une poulie.
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Thavi, préparée pour son mariage
Lorsque deux familles ont conclu un mariage entre leurs enfants, ou lorsque deux jeunes qui s'aiment ont obtenu l'accord de leurs parents pour se marier (et que le garçon a suffisamment d'argent pour payer la dote), on commence à préparer le mariage. Les époux ne doivent pas avoir le même âge, sinon l'un d'eux mourra. On demande aux moines Bouddhistes si les deux jeunes peuvent se marier, s'ils sont “compatibles”, et les moines fixent la date du mariage à partir des années de naissance et autres choses.
Le mariage au Cambodge se déroule sur un peu plus de trois jours, à la maison de la fille. On dresse pour le mariage quelques chapiteaux colorés dans le jardin ou dans la rue. Le premier jour, les moines viennent prier et lisent des règles aux époux. Les futurs mariés se lient des fins bracelets rouges autour des poignets. Le second jour il y a notamment les offrandes, la demande et la prosternation devant les parents, l'échange des alliances, le baiser sur les mains de la fille, puis la coupe des cheveux. Le soir, c'est le repas et la fête. Les femmes portent des robes ou des jupes colorées et pleines de broderies et perles. Il faux savoir aussi que les mariés changent de vêtement et de couleur toutes les heures environ. La fille peut avoir jusqu'à 14 robes différentes !
Durant la soirée, il y a des danses avec un orchestre, le lançage de fleurs, les mariés font trois tours de la table avec les offrandes, donnent à manger à leurs parents, allument les bougies, les soufflent, coupent le gâteau. Plus tard ils se sont échangés leur premier baiser…sur la joue !
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Vêtues de sarong pour aller se laver
Les khmers s'habillent globalement comme les occidentaux, sauf pour les fêtes et aller au temple. Pour avoir une tenue correcte, évitez de montrer les épaules, le ventre ou les genoux. Les enfants de moins de 2 ans par contre sont souvent nus ou à moitié habillés. En ville durant la semaine, beaucoup de gens sont en uniforme : les écoliers et étudiants, les profs, les salariés,…
Une particularité assez surprenante : beaucoup de gens portent leur pyjama pendant la journée. Les khmers se lavent avant le diner et changent alors leurs habits pour mettre le pyjama ou le sarong : un tissu de type batik (qu'il faut coudre avant utilisation) que l'on peut utiliser à la sortie de la douche, en jupe portefeuille, ou mettre un élastique pour en faire une jupe ample. Les mères les offrent à leurs filles.
Autre habit khmer : le kroma. C'est un foulard en coton tissé à carreaux ou uni, avec un changement de couleur ou de motif à une vingtaine de centimètres des extrémités. On le porte comme on veut : sur la tête pour se protéger du soleil, autour de la taille pour cacher le haut du pantalon, sur les épaules,…
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Une porte du palais royal
Il existe de nombreux courants au sein du bouddhisme, mais globalement au Cambodge c’est le culte theravada qui est suivit et on trouve le même type de pagodes un peu partout. On est d'ailleurs très vite surpris par le nombre important de pagodes. Au quotidien, les khmers bouddhistes sont pratiquants, mais très peu au courant de ce en quoi ils croient (ils suivent juste le rituel).
A l'entrée de chaque maison il y a un petit mausolée pour les ancêtres. On y dépose le matin de la nourriture pour qu'ils protègent la maison. Il ne faudrait pas que de mauvais esprits s'y installent ! La menace des mauvais esprits est permanente : on met une clef autour du coup des enfants pour les protéger, les moines viennent protéger la maison, aux funérailles on met une musique (horrible et très forte) pour qu'ils ne viennent pas roder… Au début de l'année, certaines de nos élèves ont quitté l'école parce qu'elles ont senti de mauvais esprits…
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Des moines dans la rue pour la collecte des offrandes
On va dans les pagodes les jours de fêtes ou pour demander aux moines de prier pour nous. Au Cambodge, seuls les moines prient. Ils intercèdent pour les croyants. Certains garçons sont moines quelques années de leur vie seulement, et d'autres personnes sont moines à vie. Les moines parcourent les villes et les villages pour demander des offrandes. Si un moine s'arrête devant chez vous, il est impossible de ne pas donner quelque chose (argent, fruit, boisson,…) en échange, le moine récite une prière pour vous. A différents moments de l'année, il y a des fêtes spéciales pour les morts, pour récolter de l'argent pour créer ou rénover les pagodes…

